PLOGOFF, des pierres contre des fusils
Lundi 2 mai 2011

Le lundi 2 mai 2011, la Dérive Jubilatoire se fera écho des luttes anti-nucléaire passées et plus que jamais actuelles en diffusant le film ...


PLOGOFF, des pierres contre des fusils




Nicole & Félix Le Garrec - 1980 - 112 mins - Production Bretagne Films

demijaquette

La "messe" de 17 heures, les barrages en feu, les perquisitions, les emprisonnements...

Le film présente le combat des gens de Plogoff et du Cap Sizun, dont l’épisode le plus spectaculaire restera pour longtemps l’affrontement des femmes avec les gardes mobiles !

Venus au départ soutenir la population de Plogoff, devant l’ampleur du mouvement et la présence importante des forces de l’ordre (800 gendarmes mobiles), Nicole et Félix Le Garrec prennent la décision de faire un film : Nicole comme réalisatrice, Jacques Bernard, preneur de son, et Félix Le Garrec cameraman.

Le projet n’était pas la réalisation d’un long-métrage, mais un documentaire d’une vingtaine de minutes.

... Ils sont restés sur place, hébergés chez l’habitant pendant deux mois. Le couple a vendu du terrain, fait des emprunts pour payer les laboratoires et produire le film sans aides.

Il s’agit d’en des rares films sur le nucléaire ayant été diffusé en salle, il a comptabilisé 250 000 entrées.

Il est maintenant disponible en DVD sur le site www.bretagne-films.com.

Extrait : le départ des CRS après une journée d’affrontements ...



Félix Le Garrec :

"Plogoff est à 30 km de la maison. Situé sur la Pointe du Raz, le projet de centrale nucléaire qui voit le jour en 1978 concerne toute la région. Lorsque l’enquête d’utilité publique s’ouvre le 31 janvier 1980, nous sommes venus, Nicole et moi, soutenir la population de Plogoff, donc sans caméra. Mais devant l’ampleur du mouvement et la présence massive des forces de l’ordre (800 gardes mobiles), nous avons pris la décision de faire un film : Nicole à la réalisation, Jacques Bernard, preneur de son, et moi à la caméra.

Nous n’avions pas l’intention de faire un long métrage, seulement un document témoignage d’une vingtaine de minutes. Les évènements vont en décider autrement. Un fait nous mobilise définitivement : l’arrestation de retraités marins-pêcheurs et leur procès, alors que le procureur de la République de Quimper prétend que des "trublions chevelus et barbus" sont à l’origine des manifestations.

Ce sont bien les gens de Plogoff et plus particulièrement les femmes qui tiennent tête aux gardes mobiles, et cela tous les jours pendant un mois et demi.

Nous sommes restés sur place, hébergés chez l’habitant pendant deux mois. Nous avons travaillé jour et nuit, jusqu’à nous faire oublier des gens de Plogoff, et même des gardes mobiles.
L’aspect financier de l’entreprise m’inquiétait. Nous avons vendu du terrain, fait des emprunts pour payer les laboratoires. Nous n’avons reçu aucune aide de qui que ce soit.

Mon problème constant était de ne pas filmer les manifestants en trop gros plan afin qu’ils ne puissent pas être reconnus, comme beaucoup l’ont été par des photos, et ensuite arrêtés.
Il y avait sur place des journalistes de "Ouest France" et du "Télégramme" qui nous ont donné leurs photos pour qu’on les utilise dans le film, et pour la promotion.
Nous avions une table de montage et un studio d’enregistrement, donc toutes les finitions ont été faites chez nous.

Ce film n’aurait pu se faire si nous n’avions pas été totalement acceptés par les gens de Plogoff, nos voisins."

Bretagne_Films_header
La Dérive Jubilatoire !

Tous les lundis après-midi à partir de 15h


Association l’Atelier Idéal

à la Chapelle

36 rue Danielle Casanova

31000 Toulouse

tel : 05 61 12 37 55

mail : contact(at)atelierideal.lautre.net

site : www.atelierideal.lautre.net