Ouverte sur le quartier et sur la ville, la chapelle accueille régulièrement des projets portés par d’autres associations ou groupes qui investissent alors le lieu, l’Atelier Idéal étant alors très souvent co-organisateur de ces évènements.

Des réseaux et des uns
samedi 5 juin 2021



Du 2 au 6 juin, une semaine avec des discussions, des projections et des repas dans différents lieux de Toulouse


Pourquoi faire une semaine contre la numérisation du monde et des existences ?

D’abord parce que, grâce au numérique, le confinement a rendu le « monde à distance » plus présent que jamais. Ensuite parce qu’avec la « transition écologique », l’industrie numérique et ses usages font partie du dispositif de « relance », donc de gouvernement, qui sont mis en place pour gérer la catastrophe ambulante qu’est notre monde régit par l’économie. Enfin, parce que nous n’entendons pas rester passifs et impuissants, il nous faut des connaissances, des images et des outils pour faire exister autre chose.

Programme du samedi 5 juin

Journée... à la Chapelle finalement !

10h-11h30 // Gotthard Günther et la conscience des machines (Groupe « cybernétique » de l’école de philosophie)

Les concepts d’information et de rétroaction déterminent ce qu’on entend par numérique. Autour de 1945, c’est en mobilisant ces concepts que des disciplines comme la logique, la psychologie et l’ingénierie ont produit les premiers ordinateurs, ainsi que l’horizon même du règne numérique sur les sociétés humaines. Il s’en suit que l’ordinateur, comme objet, machine et structure, n’est pas seulement de cause mécanique et électronique, mais aussi conceptuelle. Non seulement physique, mais aussi métaphysique. Cette conclusion guide la pensée de Gotthard Günther. L’intervention se concentre sur le lien que pense Günther entre la machine et la conscience. Elle enseigne, dans l’idée d’une auto-défense métaphysique, à concevoir l’histoire de l’ordinateur sur le long terme.

11h30-13h // Pour en arriver au « smart » : l’intelligence, entre informatique, philosophie et politique (Groupe « cybernétique » de l’école de philosophie)

Tout est smart aujourd’hui : les téléphones, les réseaux électriques et même les villes. En anglais, cela signifie « intelligent, futé, malin » mais peut aussi vouloir dire « élégant ». Ce qui est smart est à la fois connecté, calculateur et beau, simple à utiliser. Avec cette nouvelle image de l’intelligence, c’est tout un monde qui se déploie matériellement (des infrastructures, des aménagements, des objets), politiquement (des communautés, des techniques de gestion, de surveillance, etc) et éthiquement (de nouvelles relations à soi, aux autres, au monde). Nous reviendrons ici sur l’évolution de la notion d’intelligence (en Europe et aux États-Unis), depuis l’émergence de la cybernétique (1943-1953) jusqu’à aujourd’hui. D’abord pour affûter notre perception du présent, ensuite pour élaborer d’autres formes d’intelligence collective.

13h-14h30 // Repas

14h30-16h // Technologies numériques, liberté et autonomie, par Aurélien Berlan (collectif Écran total)

Si la liberté d’expression que permet Internet ne peut être niée en ces temps d’obscurantisme médiatique, la liberté que l’on associe plus généralement aux technologies notamment numériques (« la délivrance »), se fait, en réalité, au détriment de celle que l’on perd par le biais de la dépendance que génère ces technologies : « l’autonomie ». C’est à travers l’examen de différentes conceptions de la liberté et de leurs propositions (s’affranchir de la prise en charge de nos besoins matériels et de la vie politique) que se dégage justement la nécessité d’une « reprise en main » de nos dépendances par une autonomie à la fois matérielle et politique.

18h-20h // L’internet, la communication et le contrôle par Félix Tréguer (La Quadrature du Net)

À travers une histoire croisée de l’État et des luttes politiques associées aux moyens de communication, Félix Tréguer montre pourquoi le projet émancipateur associé à l’Internet a été tenu en échec et comment les nouvelles technologies servent à un contrôle social toujours plus poussé.